Présentation ( Paraît que c'est la politesse ^^ )

Une française de 15 ans : Clémence.
Une québécoise de 16 ans : Audrey.



Deux meilleures amies séparées par l'Océan Atlantique se réunissent ici pour écrire des one shoot mettant en vedette leur groupe préféré, des personnages fictifs et parfois elles-mêmes.


E N J O Y
Présentation ( Paraît que c'est la politesse ^^ )
# Posté le samedi 17 mai 2008 14:09
Modifié le samedi 17 mai 2008 14:21

TriO

TriO
First one shoot =)
: Par Clémence & Audrey

Le c½ur battant à tout rompre, trois adolescents avancent dans l'obscurité.
- Aïe! C'était mon pied ça!, s'énerva Audrey le gros orteil endoloris.
- Oups ^^ ! Désolé XD , s'esclaffa Bill.
- Taisez-vous avant qu'on ne réveille toute la ville T__T' !, chuchota Clémence.
- Oui bah tant que je ne me fais pas massacrer je garderai le silence !, pouffa l'autre fille.

Une dizaine de minutes plus tôt, ils avaient décidé d'entrer par effraction dans une vieille chapelle qui allait bientôt être démolie.

Le soleil était descendu depuis un bon moment, mais les jeunes n'avaient toujours pas trouvé ce qu'ils avaient envie de faire de leur soirée.À vrai dire, la soirée s'achevait, mais ils n'avaient aucune envie d'aller dormir tels de petits enfants sages. Le garçon était en vacances. Pause de tournées. Ses deux amies avaient terminé les cours depuis déjà plus d'un mois, et ils les avaient invité chez lui, heureux de pouvoir enfin voir d'autres personnes que les membres de son groupe et de sa famille.

Adossé à un muret de pierre il poussa un soupir d'exaspération. Leur manque d'inspiration à se créer des ennuis le déprimait. Clémence elle aussi collée au mur se rongeait les ongles. Ça lui semblait l'occupation la plus intéressante pour le moment. Audrey, quant à elle, s'était assise par terre, et arrachait des poignées d'herbe.


- Euh ..., marmonna cette dernière.
- Ouais? Demanda Clémence en laissant ses ongles tranquilles.
- Rien ..., répondit Audrey qui avait juste espéré que l'un d'entre eux ait enfin trouvé une idée de quelque chose à faire.

Le même silence s'abattit de nouveau sur le trio.Cette fois ce fût au tour de Clémence de prendre la parole.

- Roo', allez lève toi Audrey! Dit-elle en tendant la main à sa meilleure amie pour l'aider à se mettre debout.

Le chanteur fronça les sourcils.

- T'es rarement en vacances, on peut rarement te voir, et t'as rarement autant de liberté alors on se bouge et on trouve quelque chose à faire XD !, annonça-t-elle soudainement déterminée.

Il sortit un paquet de cigarette de la poche de sa veste en cuir, s'empara de la dernière du paquet, et la porta à ses lèvres. Il chercha son briquet dans sa poche, en vain. Alors qu'il entreprenait de fouiller son autre poche, Audrey se planta juste devant lui et lui lança un regard mécontent. Sans qu'il ait eu le temps d'esquiver, elle tendit la main vers son visage et lui piqua la clope.

D'un air satisfait, elle prit la cigarette entre le pouce et l'index de chacune de ses mains et la brisa en deux. Elle jeta les deux morceaux par-dessus son épaule, la mine réjouie. Le garçon quant à lui, n'affichait pas tout à fait le même air. Ses yeux ronds fixaient l'une des moitiés de la cigarette qui jonchait le sol. Lorsqu'il détacha enfin ses yeux de la pelouse, il lança un regard ahurit en direction de Clémence, qui baissa immédiatement les yeux. Elle n'allait certainement pas se mettre du côté de son ami si elle courait le risque de se mettre Audrey à dos.


- Mais ... mais qu'est-ce que t'as fait là merde o_o !, articula finalement la star.
- Ma BA de la journée! Affirma la jeune fille sans le moindre regret.

Leur amie se dépêcha de prendre la parole avant qu'ils ne se mettent à se chamailler.

- Commencez pas à vous engueulez vous deux! Trouvez donc quelque chose à faire à la place !, intervint-elle.
- Et si on allait quelque part? proposa la plus vieille des deux filles.
- ... où quelque part ? questionna Bill.
- -_-' Tu habites ici IMBÉCILE XD ! C'est toi qui devrais trouver ! se moqua Clémence.
- Et si on faisait un mauvais coup ?!? Proposa Audrey avec un air de gamine ou plutôt de petite peste.
- Comme quoi? Demanda son amie.
- Je sais pas euh ... des graffitis !?! tenta-t-elle découragée.
- Ouaiiis bonne idée XD Tu veux qu'on écrive avec quoi, notre propre sang ? demanda le garçon avec ironie.
- Hey! Moi au moins j'essaie de trouver une idée! S'offusqua-t-elle.
- Mouais ... à ce point là, je préférais ta première idée.

Les deux amies lui lancèrent un regard interrogateur. L'expression de l'une et l'autre étaient tellement semblables qu'il ne put s'empêcher de sourire.

- « Aller quelque part » précisa-t-il.
- Et si on faisait un mixe des deux? Suggéra Clémence.

Cette fois ce fût au tour des deux autres d'afficher un air d'incompréhension, et au tour de la plus jeune du trio de rire de ses deux amis. Étrangement, ils avaient la même façon d'arquer le sourcil droit lorsqu'ils étaient sceptiques.

- Je veux dire, on pourrait aller quelque part où on ne serait pas sensés aller, se reprit la française.

Les deux autres échangèrent un sourire. Ils venaient d'approuver.

Une fois à l'intérieur de la chapelle, ils voyaient à peine où ils allaient tellement il faisait noir.

- Dommage qu'on n'ait pas de lampe de poche, constata Clémence.
- Hey Clé, il fait tellement noir que si y a des araignées, tu ne les verras même pas venir! Dit Bill.
- ERK! Arrête ça tout de suite si tu ne veux pas me traumatiser à vie, prévint-elle.
- T'inquiète pas il a aussi peur des araignées que nous XD, se moqua Audrey.

L'allemand fit semblant de ne pas avoir entendu la remarque.

- Tu peux pas être pire qu'Audrey de toute façon, t'as vu comme elle a la trouille pour rien XD? Lança Bill.
- Trop sympa T__T' merci!, répondit cette dernière jouant la fille vexée.
- Remarque, il a raison, ajouta son amie.
- Bon ... y a rien à faire ici! Pourquoi on ne part pas maintenant? Demanda Audrey.
- Trouilllaaarde ^^ , se moqua le garçon.

Clémence ne put se retenir de rire.

- Hey, on ferait mieux de partir avant de se faire prendre, leur dit la dénommée trouillarde.
- Roh tais-toi ou tu vas nous gâcher tout le plaisir, râla l'autre fille.
- Oui, de toute façon, t'avais pas dit que tu garderais le silence? Rappela le plus vieux.

Lui et Clémence éclatèrent de rire encore une fois.

Audrey savait pertinemment qu'il avait dit ça pour rigoler, cependant elle arrêta de parler. Ne savaient-ils que la rabaisser à la fin? Il lui semblait qu'il venait un moment ou ce genre de plaisanteries cessaient d'être drôle, et là, elles ne l'étaient plus. Pourtant les deux autres ne semblaient rien remarquer, eux, et ils riaient encore. Elle avait encore plus envie de sortir de cette vieille bâtisse pourrie.


- ... c'était quoi ce bruit? Demanda Bill.
- Une voiture voyons, t'as jamais entendu une voiture passer? Dit Clémence.
- Clém, il est plus de 23h et nous sommes dans un coin complètement perdu, veux-tu bien m'expliquer pourquoi une voiture vient près d'une vieille chapelle qui va bientôt se faire écraser par un bulldozer ? murmura Audrey.

Elle avait baissé la voix, par stress, mais surtout par réflexe.

- Merde! Lâcha Bill qui s'imaginait mal sur la banquette arrière d'une voiture de police.
- Quand t'as dit que c'était des vieux sourds qui habitaient dans la maison à côté, est-ce que c'était vrai T__T' ? demanda Clémence.
- Euh, aucune idée
, répondit Bill qui avait, de toute évidence, simplement dit ça pour déconner.
- Putain de merde, marmonna la Française dans sa langue maternelle.
- Qu'est-ce qu'on fait alors? Demanda l'androgyne.
- On décrisse ! Répondit Audrey en écarquillant les yeux.
- Hein? Dirent les deux autres en c½ur.
- Clémence, merde! On se CASSE! S'énerva l'autre en tirant son amie par la main en direction de la sortie.

Bill n'eut pas besoin de comprendre mot pour mot ce que leur amie avait dit pour savoir qu'elle voulait qu'ils magnent leurs fesses et se poussent de là.

Dehors, ils distinguèrent une voiture derrière la petite clôture par-dessus laquelle ils avaient grimpé sans la moindre difficulté plusieurs minutes plus tôt.

- Planquez-vous là! Chuchota Bill en pointant quelques bosquets à leur gauche.
- Et toi tu vas où ? s'inquiéta tout de suite Clémence.
- Tais-toi, quelqu'un arrive! Paniqua Audrey en poussant son amie par-dessus les buissons et en se jetant tête première à sa suite.
- Mais ... , protesta Clémence terrifiée à l'idée que Bill se fasse prendre.

La plus vieille prit la main de la fille qu'elle considérait comme sa s½ur, sa jumelle, et la serra très fort. Elles entendirent des bruits de pas s'approcher dangereusement de l'endroit où elles se trouvaient. Puis, les bruits de pas s'éloignèrent.


Plusieurs minutes plus tard elles entendirent la portière de la voiture se refermer à nouveau.

- On sort?[g/] Demanda Clémence d'une petite voix.
- Non. Répondit simplement Audrey.

Elle craignait encore de se faire prendre. Elles attendirent comme ça plusieurs minutes encore, avec l'impression d'être cachées depuis des heures entières.

- C'est bon, dit-elle finalement. On sort.


Elles se levèrent les jambes engourdies, le c½ur battant toujours la chamade. Audrey essuya ses mains pleines de terre sur son jean et l'autre jeune fille secoua sa veste pour faire tomber les brins d'herbe qui s'étaient collés dessus.

- Bill...? Chuchota Audrey en se demandant où il pouvait bien être.
- T'as vu où il s'est caché? Interrogea Clémence.

Elle hocha négativement la tête en guise de réponse.

- Bill ... ? T'es où ...? Commença à s'inquiéter Audrey.

Toujours pas de réponse.

- Bill? Essaya également Clémence. Elle répéta deux fois son prénom.
- Mais Ich bin DAAA mes p'tites chieuses ! dit bill derrière leur dos.

Elles lâchèrent un cri une surprise suraigu.

- O_O Hey! Vous criez comme des vraies groupies toutes les deux! Ils ont du vous entendre même 20 kilomètres plus loin. Cette fois si on ne se fait pas choper on a de la chance! Dit-il.

- Merde! T'es trop con t'aurais p..., commença Clémence.

Audrey l'interrompit.

- TAISEZ VOUS ET COURREZ BORDEL!

Ils ne se firent pas prier. Prenant leurs jambes à leur cou, le trio s'enfuit sans même jeter un regard en direction de la chapelle.

Ils finirent par s'arrêter, complètement exténués.Bill se coucha par terre en aspirant tellement d'oxygène qu'on aurait pu croire qu'il voulait prendre tout l'air de la planète.

- Tu vois, ... c'est ça que ça fait ... la cigarette ^^ ! lui dit Audrey au fond presque aussi époumonée que lui.

Les mains sur leurs genoux, les trois amis reprenaient leur respiration silencieusement. Bill sourit en regardant les filles. Quelles lui avaient manqué!

- Bill, tu saurais pas si y a un magasin ouvert dans le coin ? demanda clémence haletante.
- Euh si, à quelques rues de là, répondit ce dernier l'air interrogatif. Pourquoi ?
- Parce qu'on va finir cette soirée en beauté! Dit-elle déterminée en tirant sur le tee shirt de l'androgyne pour le faire avancer.

D'un simple regard, Audrey avait saisit l'idée de son amie. Un sourire s'étira sur le visage de chacune d'elles.

- OK. Let's go ! Lança Audrey en riant.

L'androgyne s'immisça entre les deux adolescentes qui avançaient déjà à l'inconnu et passa ses bras autour de leurs épaules.

- Vous êtes minuscules! Se moqua le chanteur.
- La ferme ! rétorquèrent les filles d'une même voix.
- Et puis toi d'abord, reprit Audrey, t'as une toute p'tite queue! Alors tu ferais mieux d'écraser!
- Hey! Se défendit le garçon en donnant une légère tape sur la tête de la jeune fille, j'te permets pas de parler de ce que tu ne connais pas!
- Ah mais ça se voit, dit-elle en articulant chaque mot de façon exagérée.

Elle lui donna un coup de coude dans les côtes alors que Clémence riait d'eux. Ils se chamaillèrent durant tout le trajet jusqu'à arriver devant une petite boutique faiblement éclairée. Les luminaires rouges de l'enseigne clignaient, sûrement dû à un faux contact. La seule qui semblait ravie de voir ce magasin - qui menaçait de s'écrouler d'un instant à l'autre selon Audrey - c'était Clémence.

- Au fait tu voulais quoi dans un magasin à minuit passé ? demanda Bill.
- De l'alcoooooool imbéciiile xD, répondit la plus petite du trio dans un rire.

Audrey leva les yeux au ciel. Ça lui avait paru tellement évident! Elle se retint de faire une remarque au chanteur ; ses yeux venaient de s'agrandir comme un gamin à qui on venait d'offrir un énorme paquet de ses bonbons préférés. Audrey et Clémence jugèrent qu'il approuvait totalement l'idée.

Des cagettes empilées devant la porte et des chutes de papiers tombées d'une poubelle, en passant par l'incroyable désordre des produits présentés dans les rayons, c'est avec un brin d'appréhension qu'ils découvraient la superette.
Audrey avança vers l'homme derrière son comptoir et lui demanda en retenant son fou rire où se trouvait le rayon des boissons. Il indiqua le fond du magasin en toisant la jeune fille. Celle-ci entraîna vivement ses compagnons à l'endroit indiqué et se courba en se tenant le ventre. Ils riaient aux éclats sans pouvoir s'arrêter. La cause n'était autre que ce vieux monsieur moustachu et bedonnant. Sa chemise était entièrement ouverte et lui donnait des fausses allures de Mike dans alerte à Malibu. Bien sur, il était nettement moins sexy, le pauvre!

-Ah...ah, t'as vu ... commença Clémence en s'appuyant sur son amie, t'as vu les poiiils qu'il a !

Pendant que les deux filles s'asseyaient par terre pour ne pas tomber, Bill chercha dans le rayon les packs de bières. Il les trouva rapidement et se planta devant ses deux chieuses préférées qui essuyaient les larmes au coin de leurs yeux bleus. Il posa les deux packs par terre et tendit ses mains à chacune des filles pour les aider à se redresser. Audrey colla un bisou sur la joue du chanteur et Clémence la tira par la main pour l'entraîner vers la caisse. Bill se dirigeait vers la caisse et profita qu'Audrey tire sa moitié dans un rayon pour demander au vendeur deux paquets de Camel. Il entendit ricanner la plus grande :

-Clé! Regarde y a des jujubes là ! Trop bien! S'exclama-t-elle en prenant une boîte du rayon.

Clémence ne demanda pas ce qu'étaient les jujubes en question et elles rejoignirent Bill en caisse. Ce dernier arracha la boite de bonbons des mains d'Audrey et protesta :

-Ah non hein! C'est quoi ces machins, prends les crocodiles =D !

Elle lui arracha la boîte de bonbons en forme de Spiderman, et ignorant sa remarque, elle posa son trésor sur la caisse avec les bières et ... les cigarettes. Elle lui lança un regard noir, mais il feignit de ne pas le voir.

- Bon allez, Bill c'est toi qui paye, lança Audrey avec un regard innocent.
- Sympa ! o_o
- Ben quoi, t'es riche et c'est toi le mec! XD Et puis, toi tu as tes clopes!
-Ok! Intervint Clémence qui sentait venir la prise de bec. Bill a ses clopes, toi tu prends tes bonbons, et moi je prends les bières! Allez dépêche de payer, le monsieur attend, dit-elle en affichant un sourire sublime et un regard qui les dissuada de discuter.

Bill tira son porte feuille de sa poche, et, manque de liquide, ouvrit son carnet de chèque.
- Tu payes avec un autographe ? Souffla Clémence à l'oreille du chanteur.
- Si seulement c'était si simple! Soupira-t-il
- On t'attend dehors Billou !
- Aaah Audrey, arrête de m'appeler comme ça !

Elle lui envoya un baiser et vit volte-face pour quitter les lieux.

- Bon maintenant on fait quoi ? Questionna de nouveau Bill en sortant du magasin encombré de leurs achats. Et ça vous tuerait de m'aider x_x ?
- J'ai une idée! Scanda Audrey.

Moins d'une demi-heure plus tard, les trois amis étaient allongés dans l'herbe fraîche, les yeux rivés vers la myriade d'étoiles décorant cette immense nappe noire qu'était le ciel.

- C'est vraiment magnifique ..., souffla Audrey rêveuse.
Une minute s'écoula dans le silence.
- Je voudrais pas être avec n'importe qui d'autre que vous deux ce soir, avoua Clémence.
- Moi non plus, approuva Audrey.
- ... moi non plus, répéta Bill.
La plus âgée des deux filles rit.
- Oublie pas Emma quand même ! dit-elle pour rigoler.

Aïe. Clémence ne l'avait pas vu venir celle-là. Elle mordit l'intérieur de sa joue sans toutefois en vouloir à son amie. Comment aurait-elle pu deviner que leur meilleur ami et la jeune fille Belge avaient rompu un peu plus d'une semaine auparavant ?

- Euh ..., commença Clémence qui désirait faire dériver la conversation vers un autre sujet au plus vite.
- T'inquiète Clémentine, ça va, assura Bill avec un petit rire.

Audrey qui ne comprenait visiblement pas leur échange, se redressa sur ses coudes.

- Avec Em' ... on a rompu, lui expliqua le chanteur qui ne voyait pas l'utilité de la laisser dans l'ignorance.
- Oh ..., lâcha Audrey d'une voix qui ressemblait à un couinement de souris.
- Mais ça va ! répéta le garçon une seconde fois.
- J'suis trop bête, marmonna Audrey qui s'en voulait d'avoir fait cette remarque.
- Tu pouvais pas savoir, voyons !, protesta Clémence.

Audrey poussa un soupir, mal à l'aise .On entendait les jappements du chien, et l'air était frais en conséquence de l'heure tardive.

- Aller on mange les bonbons :) ! décida Clémence avec l'intention de détendre l'atmosphère.

Au moment où ils mâchouillaient les friandises, ils eurent tous les trois exactement la même sensation, sans doute sans le savoir. L'impression d'être dans un rêve ... que tout cela n'était pas réellement entrain d'arriver. Au cours de la dernière année, chacun d'entre eux avait eu l'impression de ne pas être à leur place dans leur propre vie, à maintes reprises même. Mais ça n'avait pas vraiment d'importance, puisqu'à ce moment précis, tous les trois étendus dans l'herbe de ce jardin, ils se sentaient à leur place. Ils étaient bien, et n'auraient souhaité être nulle part ailleurs. Cette sensation de liberté n'était bien entendu qu'éphémère, mais ça ne lui faisait pas perdre de sa valeur pour autant.

Le garçon devrait retourner à sa carrière de chanteur, Clémence entrerait au lycée, et Audrey quitterait l'Europe. Mais peu importe le temps qui allait les séparer, ils savaient que lorsqu'ils se retrouveraient, rien n'aurait changé entre eux
.

Donne nous ton avis ! =)


# Posté le lundi 19 mai 2008 08:51
Modifié le jeudi 28 mai 2009 19:06

« Look after you » par Clémence.

« Look after you »  par Clémence.


Alors que je te cherche parmi les invités, deux mains se posent devant mes yeux. Je me retourne en souriant, et tu viens me chuchoter à l'oreille que j'ai triché. J'aurais du d'abord deviner qui me cachait de ton regard. Ironie du sort, c'était toi-même.

- Si un jour on m'avait dit que j'arriverais à te faire porter un costard ! T'es sexe comme ça, Tom !

Je te souris de nouveau et te serre dans mes bras en t'embrassant sur le front.

- Tu t'étais bien mise en robe pour moi, que je réponds en te contemplant dans cette longue robe blanche.
- Comment tu m'trouves ? me demandes-tu d'une petite voix enfantine.

Radieuse, magnifique, sublime, ravissante, divine. Les mots m'échappent et tout ce que je suis capable d'articuler à ton oreille, c'est que tu es très belle. Comme toujours.

- J'ai peur, m'avoues-tu en baissant les yeux.
- Oui mais je suis là, alors ..
- Il ne peut rien m'arriver, poursuis-tu en souriant, je sais. Tu vois, j'ai mis ton collier, me fais-tu remarquer.

Tu tintes ta voix d'ironie et d'un regard qui me signale mon manque d'attention.
Mes yeux se portent à ton cou, et je remarque enfin la fine chaine en argent où tombe un petit coeur à la naissance de tes seins. Je saisis fébrilement le médaillon et y lis les inscriptions gravées d'un simple mot ; Heilig .

- Tu m'as manqué Tom, ça fait du bien de te revoir.
- J'allais tout de même pas rater le mariage de ma meilleure amie, je réponds en séchant une larme naissante au coin de tes yeux bleus.
- J'avais peur que tu ne sois pas là, comme tu m'as dit que t'étais pas sur de pouvoir te libérer ...
- Je t'ai dit qu'il ne pouvait rien t'arriver aujourd'hui.
- J'devais comprendre que tu serais là alors ? Tom, tu pourrais pas faire des phrases un peu moins implicites desfois ? Franchement, j'angoissais à l'idée que tu me verrais pas avancer dans l'allée dans ma robe de mariée.

Tu commences à faire de grands gestes qui me font rire à chaque fois en exagérant tes paroles.

- J'aurais jamais manqué ça, te dis-je d'une voix assurée et rassurante.
- Il est pas là, Bill ?
- Si si, il crame sa clope dehors et puis il a retrouvé nos vieux potes alors ...
- Vous restez combien de temps ?
- On repart demain matin.

Tu baisses les yeux, mon coeur se serre. J'admire la femme que tu es devenue après vingt deux ans d'amitié. Isana, ma petite voisine trop curieuse, ma confidente du jardin d'enfant, mon premier baiser dans notre cabane, mon premier morceau à la guitare, mon premier amour, et finalement, ma meilleure amie.
De mon index, je relève ton menton et plonge mes yeux dans les tiens.

- Tu devrais aller voir tes autres invités 'Na, tout le monde est impatient de te parler je crois.

Je te serre une dernière fois dans mes bras avant que tu n'appartiennes définitivement à un autre que moi. Avant que tu ne deviennes sa femme.
Tu es comme ma soeur, te voir si heureuse avec un autre me rend juste jaloux. Je suis jaloux oui.
Je te laisse un baiser sur le front alors que tu t'éloignes déjà, toute souriante.

- Tu ne me quittes jamais Tom, me dis-tu en tenant le petit coeur du bout des doigts.

Un sourire faible s'étire sur mon visage et je me retourne avant que tu n'aperçoives mes yeux se brouiller.

- Oh Na! je t'interpelle en réalisant soudain que j'ai oublié de te dire une chose importante.
- Oui ?
- Je suis heureux pour toi .
- Moi je suis heureuse que tu sois là.
- Toujours, je réponds dans un souffle.

Ton fiancé s'approche de toi, et m'adresse un bref signe de la main avant de t'embrasser. Je détourne rapidement mon regard et part à la recherche de mon frère sur la terrasse.
Il est à l'écart, assis sur la murette, en train de fumer.

- Alors ? demande-t-il à peine me suis-je approché de lui.

Je lui prends sa cigarette et tire dessus.

- Alors elle est heureuse, dis-je en recrachant la fumée de mes poumons. C'est l'essentiel p'tit frère.
- C'est ça, t'as qu'à essayer de t'en persuader.


If ever there was a doubt
My love she leans into me
This most assuredly counts



Je te revois, dix ans plus tôt, dans ta robe blanche évasée. Dans cette robe qui t'allait si bien, que tu avais achetée rien que pour moi. Je te revois tourner sur toi-même, ton sourire éclatant. Tu avais souligné tes yeux d'un trait noir, pour la première fois surement, et tu étais radieuse.

- Comment tu m'trouves ? m'avais-tu demandé timidement, d'une voix douce et enfantine.

Je n'avais pas répondu et tu avais continué de tourner, m'emportant avec toi dans des songes dont je ne t'ai jamais fait part, par crainte de te perdre. J'étais tombé amoureux de toi.

Et tu continuas de tourner encore ... et encore dans mes rêves, pour moi seul. Même si aujourd'hui, c'est moi qui ai le tournis.


Be my baby




# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:10
Modifié le mardi 19 août 2008 13:31

« Une prestation brouillon » par Audrey .

« Une prestation brouillon » par Audrey .
__________________________ * ___

Un samedi soir, dans un petit bar à Dessau en Allemagne, quatre jeunes plus nerveux que jamais se préparaient à monter sur scène. Bill était assis, en silence, sur un tabouret au comptoir du bar, juste à côté de son frère jumeau. Il tentait de se remémorer les paroles des chansons que le groupe s'apprêtaient à interpréter, toutefois il lui semblait qu'elles s'étaient envolées. Qu'elles avaient tout simplement quitté son esprit pour aller vagabonder ailleurs, le laissant ainsi en proie à une anxiété et une peur incontrôlables. Tom était heureux d'avoir enfin l'opportunité de jouer devant un public autre que sa mère et son beau-père. Pour une fois, on avait accepté qu'ils jouent. Un samedi soir en plus. Ils avaient essayé plusieurs endroits, se faisant refusé la plupart du temps car bill et lui n'avait que 17 ans. Cette fois, ils en avaient bel et bien 18. Depuis un mois, une semaine et des poussières. Et cette fois, ils allaient réellement pouvoir faire découvrir leur musique à quelques personnes.

- Bon les jeunes, je vous paie pour que vous fassiez de la musique, pas pour que vous fassiez fuir mes jolies clientes avec vos airs d'enfants qui ont regardé trop de films d'horreur.

L'homme qui venait de s'exprimer était le propriétaire des lieux. Derrière son comptoir, il avait un air des plus antipathiques. Son crâne rasé était coiffé d'une casquette noire usée, et il avait coincé une cigarette derrière son oreille droite.

- Vous nous paierez combien finalement ...? osa demander le joueur de guitare.
- Cent euros, répondit le barman.
- C'est pas mal, ça fait 400 euros au total ... remarqua Georg.
- Non, idiot! 100 euros pour vous quatre ! répliqua l'homme de sa voix rauque.
- Oh ..., échappa simplement le batteur qui venait tout juste de rejoindre le reste du groupe.

Décidément, la belle soirée que les adolescents avaient en perspective s'annonçait légèrement moins joyeuse que prévue.

- Alors, tu vas chanter fillette, ou j'demande à mes potes de te jeter dehors ? demanda le barman en laissant son regard appuyé en direction de Bill.
Les garçons se levèrent puis se dirigèrent vers ce qui était la « scène » où ils avaient l'intention de performer.

Tom passa la sangle de sa guitare par dessus sa tête.
Il avait répété tout l'après-midi, et il n'avait fait presque aucun mauvais accord. C'était bien trop beau pour être vrai, il allait forcément ce planter ce soir là. Le bassiste quant à lui, avait la mâchoire tremblante. Il jeta un regard en biais vers Gustav qui serrait très fort les deux baguettes de bois qu'il avait acheté le matin même.

En voyant l'air traumatisé de Bill, son frère posa une main sur l'épaule de ce dernier.
« T'inquiète pas vieux, tout va bien aller. » lui dit-il en le poussant vers le micro.
« Puis elle est là pour toi hein » ajouta-t-il avec un léger rire moqueur.
Elle.
Claudia.
La plus parfaite de toutes les filles de l'univers était assise à une table au fond de la salle, un cosmopolitain à la main.

Ils jouèrent une première chanson, ça sonnait assez bien si on enlevait le fait que le chanteur devait lutter pour que sa voix cesse de trembloter. Ils enchaînèrent avec une chanson des beatles. Bill se mélangeait dans les paroles, peu habitué à chanter en anglais et surtout devant un public. Un public qui ne semblait pas très enthousiaste de les entendre vu l'absence totale d'applaudissements et de sifflements quelconques à la fin de leur premier morceau.
La troisième pièce fut tout de même la pire.
Ils venaient à peine de commencer quand, il ne sut comment, tom brisa sa corde sol.
Contenant son sang-froid il s'approcha de son frère en lui lui montrant la guitare en guise d'explication. Les deux autres s'arrêtèrent aussitôt de jouer.
Ils descendirent tous de la petite scène la mine déconfite, sauf Gustav qui pensa à expliquer aux gens ce qui se tramait.
« Euh ... nous avons un petit problème technique » s'excusa-t-il.
Malheureusement, aucuns des gens présents n'avaient écouté. Pas plus qu'ils ne s'étaient donnés la peine de garder une oreille attentive durant la démonstration des talents musicaux du groupe.
Gustav ne réalisa que leur performance avait été un désastre que lorsqu'il croisa le regard de Bill. Celui-ci avait les yeux écarquillés par le stress et son visage semblait beaucoup plus blême qu'à l'ordinaire.

- Euh je ... je ... j'vais aux chiottes, bredouilla le garçon à la chevelure noire en se dirigeant vers le côté opposé de la salle. Il décida qu'il allait se rincer le visage avec de l'eau froide et qu'ensuite il irait rejoindre Claudia, en quête d'un peu de réconfort.
À son plus grand désarroi, la scène que l'adolescent interrompit par son arrivée dans la salle de bain était bien loin d'être réconfortante. Un homme de la mi-vingtaine tenait une jeune fille collée contre les lavabos, une main sous sa cuisse et par la même occasion sous sa jupe. De l'autre main, il relevait son t-shirt et de ce geste, laissait découvrir un soutien-george en satin rouge. Lingerie qui avait été, moins de deux mois auparavant, le « cadeau » d'anniversaire de Bill. Entendre Claudia gémir de bonheur et de plaisir à sa soirée d'anniversaire avait sans doute été le moment le plus formidable de son existence. La voir ce jour là échanger sa salive avec un pur inconnu était nettement moins agréable et ce n'était pas réellement ce qu'on aurait pu qualifier d'un beau présent par exemple.

Lorsque Claudia se rendit enfin compte de l'idendité du nouveau venu dans la pièce, elle repoussa vivement son nouvel ami et lança un de ces classiques « Ce n'est pas c'que tu crois ! » .
- Non ... biensûr. C'est sûrment que tu voulais me prouver ton amour en roulant une pelle à un autre mec que moi pendant que j'suis entrain de me ridiculiser sur scène.
- Bill ...
- TA GUEULE ESPÈCE DE CONNE, FOUS LE CAMP.
Il venait de perdre son sang-froid.
La déception, l'humiliation et la trahison venaient de détruire toute trace du bonheur pouvant avoir été présent dans le passé.

L'androgyne baissa les yeux, et la jeune fille sortit des toilettes la mine honteuse. Le garçon se pencha au dessus du lavabo pour se rincer le visage, puis quitta la pièce de malheur. Il enfonça ses ongles dans ses mains serrées, et chercha du regard ses amis. Gustav et Tom étaient assis au bar, l'air dépité. Quand Tom releva les yeux vers son frère, il sauta de sa chaise et vint le serrer dans ses bras. Rares étaient les moments où Tom se démontrait affectueux envers ses proches, et rares étaient les moments où il se sentait aussi mal.

- J'vais prendre l'air, indiqua le chanteur en desserant à peine les dents.

Tête baissée, il sortit par la première porte qu'il aperçut, cherchant déjà le paquet de cigarettes au fond de sa poche. Il s'appuya contre le mur et tira une grande bouffée de nicotine.

Georg était lui aussi sortit pour décompresser un peu. L'ambiance présente dans le bar l'étouffait. Il ressentait le besoin de parler à quelqu'un qui saurait l'écouter et le rassurer après tous les événements survenus au cours de la soirée. C'est pour cette raison qu'il avait décidé d'appeler son cousin, Frederik, qu'il considérait également comme son meilleur ami.

On laissa sonné trois fois avant de décrocher de l'autre côté de la ligne.

- Allô ? fit une voix rauque dans le combinée.
- Euh ... Bonsoir Johanna, dit Georg .
- C'est toi Georg ? , demanda sa tante.
- Oui, c'est moi. Frederik est là ? questionna-t-il d'un ton distrait, les yeux dérivant vers un groupe de jeunes qui venaient de briser une bouteille de bière un peu plus loin.
- ... non ..., bredouilla la femme.
- Tu sais quand il rentrera ? demanda Georg déçu que son cousin soit absent.
- Il ... ne ... rentrera pas ..., articula-t-elle d'une voix étouffée.
Elle pleurait.
- ... qu'est-ce qu'il y a ...? Que s'est-il passé? s'inquiéta Georg.
Frederik avait-il fugué? ... Lui était-il arrivé quelque chose ?

Il entendit la soeur de sa mère prendre une grande inspiration. Elle tentait de se calmer du mieux qu'elle le pouvait.
- Il a eu un accident ..., dit-elle simplement en échappant un sanglot à la fin de sa phrase.

Georg avait la gorge serrée. Il avait cette espèce d'impression que cette conversation n'était pas la sienne, et que rien de tout ça n'était réellement entrain d'arriver.
Il serrait le téléphone contre son oreille pour ne pas le laisser tomber, et attendait patiemment que Johanna se remette à parler. C'est à ce moment là qu'il remarqua que Bill se trouvait adossé contre le muret derière lui. Une cigarette se confinait entre ses longs doigts fins.

Lorsque le musicien se rendit compte que sa tante pleurait moins, il se décida à parler.
- Est-ce qu'il est ...?
La fin de sa phrase se perdit entre le noeud qu'il avait dans l'estomac et la comissure de ses lèvres.

Quand il entendit Johanna se remettre à sangloter de plus belle, il comprit qu'il avait perdu son meilleur ami à tout jamais.

Si vous avez déjà perdu un proche, vous comprenez ce que ce jeune adulte a ressenti à ce moment là ... mais si ... vous n'avez jamais rien perdu d'autre que les clés de votre maison, alors, non, vous ne pouvez pas comprendre.

Un sentiment d'impuissance totale accompagnée d'un découragement infini imprégnaient les quatre jeunes ce soir là. La sensation que toute petite chance existante leur filait entre les doigts comme du sable fin. Toutefois, ce dont ils ne se doutaient pas, c'était que quelque chose d'autre que la chance leur échapait également. Ou plutôt, ils lui échapaient. Ils passaient à côté de la célébrité.

Chacun des membres passaient à côté des énormes disputes qui auraient pu éclater si des luttes de pouvoir s'étaient déclanchées entre eux. Qui serait mis à l'avant, qui serait le leader. Quelle image ils auraient projetté, peut-être une autre que celle de leur véritable identité. Peut-être une image pré-fabriquée de toute pièce par des hommes d'affaires obsédés par l'argent. Quels mensonges auraient été racontés sur eux, sur leurs amis, leurs familles, leurs moindres faits et gestes. Le groupe ne s'en doutait pas, mais, les Devilish avaient eu en quelque sorte la chance d'échapper à tout ça.

Alors que les membres Devilish cherchaient désespérément à faire connaître leur formation, un trio nommé Tokio Hotel était posé sur un piédestal, lui. Formé de trois cousins, deux adolescents de 16 ans et un de 17 ans aussi proches les uns des autres que de véritables frères. Du moins, c'est ce qu'on leur demandait de faire croire aux photographes et aux animateurs de chaînes de télévision. En réalité, la pression les avaient rendus compétitifs les uns envers les autres. Avoir perdu leur complicité d'autrefois ne semblait guère les embêter. Ce qui était important désormais, c'était de s'assurer qu'ils avaient toujours des coupes de cheveux plus excentriques à chaque mois, et d'avoir les fringues les plus branchées qu'ils pouvaient trouver. Être et surtout rester les meilleurs. Quite à devoir se démolir pour y parvenir.

Gustav, Bill, Tom et Georg n'avaient peut-être pas eu de demandes d'othographes ce soir là. Ni de fans qui les attendaient avant qu'ils montent sur scène ou de gardes du corps pour les protéger en vue de tout danger. L'un d'entre eux venait de se faire tromper par sa petite amie, et un autre venait de perdre l'être en qui il avait le plus confiance au monde. Cependant, ces quatre garçons avaient quelque chose de beaucoup plus précieux que toute la gloire que les groupes les plus connus de l'heure ne possédaient peut être pas eux. Entre leur solidarité et leur loyauté ... il y avait ce quelque chose qui s'appelait ...

l'amitié.__________




# Posté le vendredi 18 juillet 2008 00:23
Modifié le lundi 04 août 2008 10:46

« La femme de sa vie et la femme de ses rêves. » par Audrey.

« La femme de sa vie et la femme de ses rêves.  » par Audrey.

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Ce matin là, Annia était arrivée chez moi sans prendre la peine de frapper à la porte avant d'entrer (ce qu'elle n'avait, semble-t-il, jamais pris la l'habitude de faire). Sa voix me paraissait lointaine et irréelle, comme si elle provenait d'un autre un monde, comme si elle n'eut été qu'un écho amplifié des personnages s'animant à l'intérieur du téléviseur que j'avais laissé allumé en quittant le salon au beau milieu de la nuit. Mais, non.

Elle était bien là, et sa tête qui passa par l'entrebâillement de la porte pour vérifier si je me trouvais dans la pièce suffit à me le prouver. Elle sourit en m'apercevant assis sur le bord du lit encore défait malgré qu'il fût près de 15 heures.

- Jure-moi que tu ne comptes pas sortir vêtu de la sorte!, lança-t-elle ses yeux s'agrandissant alors qu'elle se plantait devant moi.

Jugeant sans doute que je devais être trop endormi pour apprécier son humour, elle se pencha et me plaqua un bisou sur la joue avant de me tendre la sienne pour que je lui fasse la bise à mon tour. Toutefois, je ne bronchai pas.

Étonnée par mon comportement, elle fronça les sourcils et prit place à ma droite. Ses yeux cheminèrent jusqu'à mes pieds, et un léger sourire s'imprima sur son visage lorsqu'elle remarqua que je ne portais qu'une seule chaussette.

- Vraiment, tes choix de tenues vestimentaires sont de pires en pires mon cher!, fit-elle en hochant la tête de gauche à droite avec un air qui se voulait découragé.

J'abaissai ma tête vers mon torse et mon coup d'½il vers mes vêtements suffit à justifier sa remarque. Le t-shirt rouge devenu un peu trop court ne s'agençait pas du tout avec la veste kaki style peau de serpent, sans oublier l'absence d'un pantalon qui laissait découvrir mes cuisses trop maigres et un vieux boxer délavé.

- ... ça va ?, balbutia Annia inquiétée par mon silence qui n'avait rien d'habituel.

Qu'aurais-je bien pu lui répondre ? Pour moi, le temps s'était arrêté. La terre avait cessée de tourner.

- ... je n'aime pas ce genre de silence ...

Soudainement, son regard m'avait fuit. Elle souhaitait que je me mette enfin à parler, mais appréhendait les mots qui s'échapperaient de ma bouche.

- Bill, dis-moi ce qui se passe ...

Sa main droite posée sur ma joue gauche avait tourné mon visage vers le sien, cependant mes yeux refusaient d'affronter ses prunelles entourées de ce même bleu que ceux de l'autre femme que je chérissais tant.

Son simple regard suffisait à me mettre à nu, et je n'aurais supporté d'exhiber ce sentiment de mal-être qui m'habitait.

- Tu ne veux plus de moi? C'est pour ça que tu ne réponds plus à mes messages? Demanda-t-elle.

Mes cordes vocales semblaient avoir quittées ma gorge, car bien que j'eus désiré hurler, aucune réponse ne franchit le bord de mes lèvres. Je ne pus hocher la tête, mon cou restant obstinément vissé dans la position dans laquelle il se trouvait.

- Il y a une autre, c'est ça ?

Cette question m'affola intérieurement, et de façon contradictoire mes yeux cherchèrent les siens en quête d'un quelconque réconfort.

Devant mon regard paniqué, elle assuma qu'elle avait visé juste. Une larme perlant le coin d'un de ses yeux, elle se leva pour partir. Je mis un bon moment avant de réalisé que j'étais entrain de la laisser partir. Sans un mot, sans une explication. Sans même lui demander de rester.
Je traversai l'appartement en désordre d'un pas rapide pour la rejoindre. Elle stoppa sa marche et fit volte-face vers moi lorsqu'elle comprit que je la suivais. Elle attendait. Elle n'espérait pas que je lui demande de rester, elle espérait simplement entendre un fond de vérité.

Moi, je n'espérais plus rien. La vie m'avait arraché des mains tout moyen pouvant me rendre heureux. Alors que les larmes dégringolaient sur ses pommettes saillantes, je me mis à chercher une façon simple de lui exprimer la raison de mon comportement. Je tentais de formuler mentalement des phrases qui m'auraient excusé, et qui n'auraient étés empreintes de tristesse. Et puis, je compris finalement que perdre ma fierté n'était rien du tout à côté de perdre Annia. Je n'allais certainement pas perdre deux femmes à la fois, et me retrouver seul au monde avec pour seule raison de vivre, un frère qui séjournais temporairement en Australie. J'allais simplement lui raconter, cette conversation que j'avais eue.

-Bonjour maman!
-Bill! Je ne t'attendais pas!
-Tu n'es pas contente de voir ton fils préféré?!?
-Voilà qui est très gentil pour Tom!
-Il s'en remettra!
-En réalité, j'ai à te parler Bill. Je ne comptais pas le faire aujourd'hui, mais je crois que de toute façon, il n'y aura jamais de « bon » moment pour le faire.

Mon attention captée par ce genre de paroles qu'elle ne m'adressait guère souvent, je fronçai les sourcils, inquiet. Son regard se voila de peine, alors qu'elle prenait une grande inspiration.

- Il y a quelque temps, je suis allée chez le médecin et puis ...

J'aurais souhaité qu'elle ne prononce jamais la suite. Fuir ce que j'avais déjà deviné. Prendre mes jambes à mon cou et courir jusqu'au bout du monde. Cette cuisine n'était pas le bout du monde, mais elle en était la fin. Car, à l'entente de la phrase qu'elle s'aprêtait à me dire, j'aurais l'impression de tomber du haut de la tour Eiffel.

« J'ai un cancer Bill. »

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 18:54
Modifié le samedi 11 octobre 2008 11:21