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« La femme de sa vie et la femme de ses rêves. » par Audrey.

« La femme de sa vie et la femme de ses rêves.  » par Audrey.

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Ce matin là, Annia était arrivée chez moi sans prendre la peine de frapper à la porte avant d'entrer (ce qu'elle n'avait, semble-t-il, jamais pris la l'habitude de faire). Sa voix me paraissait lointaine et irréelle, comme si elle provenait d'un autre un monde, comme si elle n'eut été qu'un écho amplifié des personnages s'animant à l'intérieur du téléviseur que j'avais laissé allumé en quittant le salon au beau milieu de la nuit. Mais, non.

Elle était bien là, et sa tête qui passa par l'entrebâillement de la porte pour vérifier si je me trouvais dans la pièce suffit à me le prouver. Elle sourit en m'apercevant assis sur le bord du lit encore défait malgré qu'il fût près de 15 heures.

- Jure-moi que tu ne comptes pas sortir vêtu de la sorte!, lança-t-elle ses yeux s'agrandissant alors qu'elle se plantait devant moi.

Jugeant sans doute que je devais être trop endormi pour apprécier son humour, elle se pencha et me plaqua un bisou sur la joue avant de me tendre la sienne pour que je lui fasse la bise à mon tour. Toutefois, je ne bronchai pas.

Étonnée par mon comportement, elle fronça les sourcils et prit place à ma droite. Ses yeux cheminèrent jusqu'à mes pieds, et un léger sourire s'imprima sur son visage lorsqu'elle remarqua que je ne portais qu'une seule chaussette.

- Vraiment, tes choix de tenues vestimentaires sont de pires en pires mon cher!, fit-elle en hochant la tête de gauche à droite avec un air qui se voulait découragé.

J'abaissai ma tête vers mon torse et mon coup d'½il vers mes vêtements suffit à justifier sa remarque. Le t-shirt rouge devenu un peu trop court ne s'agençait pas du tout avec la veste kaki style peau de serpent, sans oublier l'absence d'un pantalon qui laissait découvrir mes cuisses trop maigres et un vieux boxer délavé.

- ... ça va ?, balbutia Annia inquiétée par mon silence qui n'avait rien d'habituel.

Qu'aurais-je bien pu lui répondre ? Pour moi, le temps s'était arrêté. La terre avait cessée de tourner.

- ... je n'aime pas ce genre de silence ...

Soudainement, son regard m'avait fuit. Elle souhaitait que je me mette enfin à parler, mais appréhendait les mots qui s'échapperaient de ma bouche.

- Bill, dis-moi ce qui se passe ...

Sa main droite posée sur ma joue gauche avait tourné mon visage vers le sien, cependant mes yeux refusaient d'affronter ses prunelles entourées de ce même bleu que ceux de l'autre femme que je chérissais tant.

Son simple regard suffisait à me mettre à nu, et je n'aurais supporté d'exhiber ce sentiment de mal-être qui m'habitait.

- Tu ne veux plus de moi? C'est pour ça que tu ne réponds plus à mes messages? Demanda-t-elle.

Mes cordes vocales semblaient avoir quittées ma gorge, car bien que j'eus désiré hurler, aucune réponse ne franchit le bord de mes lèvres. Je ne pus hocher la tête, mon cou restant obstinément vissé dans la position dans laquelle il se trouvait.

- Il y a une autre, c'est ça ?

Cette question m'affola intérieurement, et de façon contradictoire mes yeux cherchèrent les siens en quête d'un quelconque réconfort.

Devant mon regard paniqué, elle assuma qu'elle avait visé juste. Une larme perlant le coin d'un de ses yeux, elle se leva pour partir. Je mis un bon moment avant de réalisé que j'étais entrain de la laisser partir. Sans un mot, sans une explication. Sans même lui demander de rester.
Je traversai l'appartement en désordre d'un pas rapide pour la rejoindre. Elle stoppa sa marche et fit volte-face vers moi lorsqu'elle comprit que je la suivais. Elle attendait. Elle n'espérait pas que je lui demande de rester, elle espérait simplement entendre un fond de vérité.

Moi, je n'espérais plus rien. La vie m'avait arraché des mains tout moyen pouvant me rendre heureux. Alors que les larmes dégringolaient sur ses pommettes saillantes, je me mis à chercher une façon simple de lui exprimer la raison de mon comportement. Je tentais de formuler mentalement des phrases qui m'auraient excusé, et qui n'auraient étés empreintes de tristesse. Et puis, je compris finalement que perdre ma fierté n'était rien du tout à côté de perdre Annia. Je n'allais certainement pas perdre deux femmes à la fois, et me retrouver seul au monde avec pour seule raison de vivre, un frère qui séjournais temporairement en Australie. J'allais simplement lui raconter, cette conversation que j'avais eue.

-Bonjour maman!
-Bill! Je ne t'attendais pas!
-Tu n'es pas contente de voir ton fils préféré?!?
-Voilà qui est très gentil pour Tom!
-Il s'en remettra!
-En réalité, j'ai à te parler Bill. Je ne comptais pas le faire aujourd'hui, mais je crois que de toute façon, il n'y aura jamais de « bon » moment pour le faire.

Mon attention captée par ce genre de paroles qu'elle ne m'adressait guère souvent, je fronçai les sourcils, inquiet. Son regard se voila de peine, alors qu'elle prenait une grande inspiration.

- Il y a quelque temps, je suis allée chez le médecin et puis ...

J'aurais souhaité qu'elle ne prononce jamais la suite. Fuir ce que j'avais déjà deviné. Prendre mes jambes à mon cou et courir jusqu'au bout du monde. Cette cuisine n'était pas le bout du monde, mais elle en était la fin. Car, à l'entente de la phrase qu'elle s'aprêtait à me dire, j'aurais l'impression de tomber du haut de la tour Eiffel.

« J'ai un cancer Bill. »

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 18:54

Modifié le samedi 11 octobre 2008 11:21

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